ESG Archives - APP - Agence pour la Protection des Programmes L'Agence pour la Protection des Programmes protège les logiciels, bases de données et autres oeuvres numériques par un système de dépôt et de référencement. Wed, 27 May 2026 14:31:33 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.2 https://www.app.asso.fr/wp-content/uploads/Acronyme_Bleu.svg ESG Archives - APP - Agence pour la Protection des Programmes 32 32 Arsenal légal contre la pollution numérique https://www.app.asso.fr/esg/arsenal-legal-contre-la-pollution-numerique.html Mon, 26 Jun 2023 07:57:10 +0000 https://www.app.asso.fr/?p=8628 La France s’est dotée de plusieurs législations destinées à réduire l’impact du numérique sur l’environnement, que ce soit pour prolonger la durée de vie des équipements, réduire les déchets informatiques et électroniques ou modifier nos usages.

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Arsenal légal contre la pollution numérique

Arsenal légal contre la pollution numérique

Article rédigé par Sylvie ROZENFELD

Rédactrice en chef d’Expertises

Temps de lecture : 5mn| Numérique

Les points clés à retenir

  • Le numérique représente une part croissante de l’empreinte carbone, principalement liée à la fabrication des équipements électroniques.
  • La loi REEN et la loi AGEC encouragent la sobriété numérique, la réparabilité et l’allongement de la durée de vie des terminaux.
  • L’obsolescence logicielle programmée est désormais visée par la réglementation française.
  • Les fabricants et acteurs du numérique doivent renforcer l’information sur les mises à jour, les pièces détachées et l’impact environnemental des équipements.
  • L’écoconception, le réemploi des matériels et des usages numériques plus responsables deviennent des enjeux réglementaires majeurs.

 

La France s’est dotée de plusieurs législations destinées à réduire l’impact du numérique sur l’environnement, que ce soit pour prolonger la durée de vie des équipements, réduire les déchets informatiques et électroniques ou modifier nos usages. Pas toujours contraignantes, elles donnent tout de même des pistes pour guider la société sur l’usage du numérique.

Selon une étude de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques des postes et de la distribution de la presse) « Pour un numérique soutenable » (1), le numérique représente 4% de l’empreinte environnementale de l’humanité aujourd’hui. C’était 2%, il y a dix ans, et ça sera 6% dans 5 ans. En France, l’empreinte carbone du digital s’élevait à 2,5 % en 2022. Sur 15 ans, on observe un triplement des impacts environnementaux du numérique.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’usage des technologies constitue une part mineure de cet impact. La majeure partie de l’empreinte carbone du numérique (79 %) est due aux terminaux (téléviseurs, ordinateurs, téléphones…). Leur fabrication nécessite l’extraction de métaux et terres rares, qui est extrêmement polluante. Pour réduire la pollution environnementale du numérique, il faudrait donc limiter le renouvellement de ces équipements et favoriser l’accroissement de leur durée d’utilisation. Ce à quoi s’attaque principalement la législation adoptée récemment.

En pleine Cop 26, la France s’est dotée d’une loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique (Reen), publiée au JO le 16 novembre 2021 (2). Elle est ainsi précurseur en matière de régulation pour un numérique responsable et espère bien prendre le lead sur la question en Europe. Ce texte consensuel mais peu contraignant comporte néanmoins des mesures concrètes directement applicables, notamment sur l’obsolescence logicielle. L’intérêt de cette loi consiste donc à donner des pistes pour guider la société sur l’usage du numérique.

Au final, la loi Reen dessine clairement une tendance qui devrait s’affirmer avec le temps. Elle commence par se préoccuper de l’éducation et de la prise de conscience des utilisateurs sur l’impact environnemental du numérique, qui passe notamment par la sensibilisation des lycéens et des futurs ingénieurs à la sobriété numérique et la création d’un observatoire des impacts environnementaux de ces technologies.

La loi vise aussi à limiter le renouvellement des terminaux. Selon le deuxième rapport de l’Arcep 2022, le nombre de smartphones vendus dans le monde a progressé de près de 6 % en 2021 alors que les ventes sur le marché français se stabilisent, avec un recul significatif des ventes de smartphones neufs. Le volume de téléphones reconditionnés progresse doucement mais il reste limité du fait de l’absence d’un cadre juridique du marché de l’occasion. Il reste donc à établir un contrat de confiance entre les reconditionneurs qui remettent en état des équipements d’occasion pour les revendre aux utilisateurs qui veulent participer à ce processus vertueux.

Dans ce même esprit, la loi AGEC relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire du 10 février 2020 (3) a introduit l’indice de réparabilité qui s’applique aux appareils électroniques dont les smartphones, les téléviseurs et les ordinateurs. Elle prévoit aussi l’affichage environnemental (note apposée sur les produits ou services qui informe sur leurs impacts environnementaux) la mise en place d’un régime de disponibilité des pièces détachées, l’information sur les durées de mise à jour des logiciels lors de la vente d’équipements, etc.

Obsolescence logicielle programmée

La question de l’obsolescence programmée est particulièrement prégnante pour l’impact environnemental du numérique. La loi Reen a réformé la définition de l’article L 441-2 du code de la consommation (4) qui disposait qu’« est interdite la pratique de l’obsolescence programmée qui se définit par le recours à des techniques par lesquelles le responsable de la mise sur le marché d’un produit vise à en réduire délibérément la durée de vie pour en augmenter le taux de remplacement ». La fin de la phrase après « la durée de vie » a été supprimée car cela complexifiait inutilement le délit et rendait plus difficile les poursuites. Par ailleurs, les parlementaires ont introduit la notion d’obsolescence logicielle programmée, qui porte sur l’incompatibilité entre les dernières versions d’un logiciel et les capacités d’un terminal. Après « le recours à des techniques », ils ont rajouté « y compris logicielles ». Les députés ont cependant supprimé l’allongement de cinq ans de la durée légale de réception des mises à jour nécessaires au maintien de la conformité du bien, qui reste limitée à deux ans.

La réduction des déchets issus des terminaux est également un moyen de lutter contre la pollution numérique. La directive DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) du 4 juillet2012, transposée en France par la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire(5) prévoit la mise en place d’un dispositif de collecte sélective ainsi que de traitement spécifique des DEEE financés par les producteurs, puis une information accrue des utilisateurs notamment grâce à l’apposition de mentions et d’un symbole les avertissant de ne pas abandonner de tels déchets dans les vide-ordures classiques.

Parmi les déchets figurent les chargeurs et les batteries. La réglementation européenne qui impose le chargeur universel pour smartphone pour 2024 s’inscrit dans cette logique, en visant notamment à réduire la quantité de déchets électroniques. Par ailleurs, les députés européens ont adopté le 14 juin 2023 un règlement avec de nouvelles règles pour la conception, la production et la gestion des déchets de tous les types de batteries vendues dans l’UE (6). Les fabricants devront rendre plus facilement remplaçables par les consommateurs les batteries des smartphones, des PC et de quelques petits appareils électroniques.

Toujours pour limiter la production de matériels, le secteur public, gros consommateur de biens numériques, est aussi incité à la sobriété numérique. Un décret du 12 avril 2023 (7) prévoit que l’Etat et les collectivités locales mettent en œuvre des actions nécessaires afin de développer le réemploi et la réutilisation des matériels informatiques réformés qui ont moins de dix ans, à l’exception de ceux qui contiennent des informations et des supports classifiés.

Usages du numérique écologiquement vertueux

Si la fabrication de matériels informatiques et électroniques représente la majeure part de l’empreinte environnementale du numérique, un usage responsable des technologies participe à la réduction de la production de CO2, par exemple en vidant sa boîte emails ou en téléchargeant des contenus au lieu de les visionner en streaming. Justement, la loi Reen contient des dispositions destinées à faire émerger des usages du numérique écologiquement vertueux avec une régulation organisée par l’Arcep qui devra établir un référentiel général de l’écoconception des services numériques. Cette loi porte aussi sur la promotion des centres de données et des réseaux moins énergivores, avec notamment des conditions à remplir par les data centers pour bénéficier de réduction sur les tarifs de l’électricité. Et la dernière partie est consacrée à une stratégie numérique responsable des territoires, notamment en renforçant les pouvoirs des maires, notamment en matière d’infrastructures.

Parallèlement à la loi Reen, la loi du 23 décembre 2021 visant à renforcer la régulation environnementale du numérique par l’Arcep (8) confie à cette autorité un pouvoir de recueil des données sur les impacts environnementaux des réseaux, des services de communications électroniques et des services de communication au public, mais aussi d’élaborer un baromètre environnemental du secteur du numérique

Par ailleurs, en août 2020, le gouvernement a confié à l’Arcep ainsi qu’à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) la mission de mesurer l’empreinte environnementale du numérique en France, ainsi que d’identifier des leviers d’actions et des bonnes pratiques pour réduire l’impact carbone. Après deux premiers volets publiés en 2022, un troisième volet a été rendu public sur l’impact l’environnemental à horizon 2030 et 2050 (9), et les pistes pour réduire la trajectoire ascendante. Pour 2030, le trafic de données devrait être multiplié par six et le nombre d’équipements augmenterait de 65% par rapport à 2020, notamment en raison de l’essor des objets connectés. A horizon 2050, l’empreinte carbone triplerait par rapport à 2020. L’un des leviers pour agir sur notre impact environnemental serait de réduire le développement de nouveaux produits ou services numériques et où à défaut de stabiliser le nombre d’équipements, tout en prolongeant leur durée d’utilisation. En intégrant l’écoconception dans les produits, l’impact pourrait diminuer d’environ 16% d’ici 2030.

Références

  • https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-publications-chiffrees/impact-environnemental/derniers-chiffres.html
  • https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044327272
  • https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041553759/
  • https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044330817/2021-11-17/
  • https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000029313296/
  • https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2023-0237_FR.html
  • https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047439314
  • https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044553569
  • https://www.arcep.fr/la-regulation/grands-dossiers-thematiques-transverses/lempreinte-environnementale-du-numerique/etude-ademe-arcep-empreinte-environnemental-numerique-2020-2030-2050.html

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Réduire l’impact environnemental du numérique : obligations et bonnes pratiques https://www.app.asso.fr/esg/reduire-impact-environnemental-numerique.html Tue, 03 Jan 2023 09:50:29 +0000 https://www.app.asso.fr/?p=7851 Le numérique est aujourd’hui souvent mis en avant comme un levier de la transition écologique par les autorités françaises et européennes.

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Réduction de l’impact environnemental du numérique et sobriété numérique

Réduire l’impact environnemental du numérique : obligations et bonnes pratiques

Article proposé par Addleshaw Goddard

Auteurs : Frédérique Allier et Elisabeth Marrache

Temps de lecture : 9mn| Numérique

Les points clés à retenir sur l’impact environnemental du numérique

  • Les activités numériques ont un impact environnemental croissant, notamment lié aux équipements et aux infrastructures.
  • Les lois REEN et AGEC renforcent les obligations des acteurs du numérique en matière de réparabilité, durabilité et transparence.
  • Les entreprises doivent intégrer des pratiques de sobriété numérique et limiter l’obsolescence logicielle et matérielle.
  • Les opérateurs numériques et data centers sont soumis à de nouvelles obligations environnementales.
  • L’écoconception, la limitation des équipements et la sensibilisation des collaborateurs deviennent des leviers majeurs de conformité.

 

Le numérique est aujourd’hui souvent mis en avant comme un levier de la transition écologique par les autorités françaises et européennes. En témoignent notamment la feuille de route du gouvernement français « Numérique et environnement » du 23 février 2021 et les diverses actions prises par l’Union dans le cadre de son « Pacte Vert », lancé en janvier 2020.

En 2021, l’UE annonçait en effet son projet d’investir 22 milliards d’euros dans la recherche de solutions pour lutter contre les émissions des industries à forte intensité énergétique et secteurs difficiles à décarboniser, notamment à travers le développement d’outils d’IA, de technologies fondées sur les données et la robotique.

Le législateur est cependant confronté à une situation paradoxale : les activités liées au numérique polluent.

Selon une étude menée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques, des Postes et de la Distribution de la Presse (ARCEP), ces activités seraient même aujourd’hui responsables de 2,5 % du total de l’empreinte carbone en France.

Cette pollution augmente de manière exponentielle, notamment en raison de la généralisation de l’utilisation d’Internet et les nouveaux usage (vidéo à la demande, IoT, intelligence artificielle…) et la multiplication des terminaux et des infrastructures sous-jacentes telles que les datacenters.

Aussi, au cours de ces dernières années, nous avons assisté à l’adoption d’un véritable arsenal juridique visant à limiter cet impact néfaste du numérique sur l’environnement.

Ces textes comprennent :

  • La loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (« loi AGEC») ;
  • L’ordonnance n°2021-1247 du 29 septembre 2021 visant à moderniser le cadre juridique de la protection des consommateurs quant à l’achat de produits connectés et de contenus et services numériques, transposant deux directives européennes (UE) 2019/770 et 2019/771 du 20 mai 2019 ;
  • La loi n° 2021-1485 du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France (« loi REEN»), dont l’entrée en vigueur s’échelonne entre 2021 et 2026, ou encore ;
  • La loi n° 2021-1755 du 23 décembre 2021 visant à renforcer la régulation environnementale du numérique par l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse.

Ce cadre juridique complexe est également en pleine construction, de nombreux textes d’application étant toujours en attente de publication et les règles de droit européen en constante évolution.

Concrètement, ont été introduites des obligations de transparence des acteurs concernant l’impact de leurs activités sur l’environnement, d’information des consommateurs mais aussi de mise en place de mesures permettant de responsabiliser les acteurs aussi bien pour les logiciels que pour les équipements numériques.

Comment se conformer à ce nouveau cadre et de quels outils pratiques de sobriété numérique les entreprises disposent-elles ?

 

1. Droits et protection des consommateurs

Les études récentes relatives au poids des activités numériques sur le changement climatique ont conduit à un constat : l’allongement de la durée de vie des appareils et la limitation de leur renouvellement par les consommateurs constitue un terrain d’action prioritaire.

Cette action passe par le renforcement de plusieurs règlementations protectrices des consommateurs déjà existantes.

– Lutte contre l’obsolescence logicielle

Le délit d’obsolescence programmée, introduit en droit français en 2015, s’était avéré être un fondement légal peu efficace, en raison notamment d’un élément intentionnel difficile à caractériser et de l’absence de la prise en compte de l’obsolescence logicielle dans sa définition, pourtant souvent responsable du renouvellement des terminaux.

Des solutions ont été apportées par les lois AGEC et REEN, à travers en particulier :

(i) la modification de la définition légale de l’obsolescence programmée, laquelle vise désormais expressément les logiciels ;

(ii) l’introduction d’obligations d’information et de mise à disposition des mises à jour logicielles, bénéficiant aux vendeurs professionnels et aux consommateurs ;

(ii) l’interdiction des pratiques anticoncurrentielles et des techniques logicielles limitant la réparation des équipements.

– Renforcement du régime de garantie légale de conformité

La loi AGEC et l’Ordonnance n°2021-1247 du 29 septembre 2021 ont permis de réformer le régime de la garantie légale de conformité en l’adaptant aux objets et aux services numériques.

Ainsi, depuis le 1er janvier 2022, la règlementation applicable étend la garantie légale de conformité :

(i) aux « biens comportant des éléments numériques », lesquels bénéficient désormais du régime de garantie légale applicable aux produits que nous connaissons ;

(ii) aux contenus et services numériques, qui font désormais l’objet d’un régime analogue à celui prévu pour les biens physiques, avec un allongement des délais de garantie en cas de fourniture continue d’un service.

– Promotion de la réparation des terminaux

D’autres dispositions de la loi AGEC sont directement liées à la promotion de la réparation :

(i) certains appareils électriques et électroniques (smartphones, ordinateurs portables et téléviseurs – les tablettes numériques feront bientôt l’objet d’un indice européen) doivent, depuis 2021, être associés à un indice de « réparabilité » qui doit évoluer, à compter de janvier 2024, en un indice de « durabilité », et ;

(ii) de nouvelles obligations d’information et de mise à disposition des pièces détachées ont été introduites dans le code de la consommation.

 

2. Responsabilisation des professionnels du numérique

Les récentes évolutions législatives en faveur de la réduction du bilan environnemental du numérique marquent par ailleurs l’introduction de plusieurs obligations innovantes à la charge de divers opérateurs acteurs du secteur.

– Sobriété et RGPD

Les obligations prévues par le Règlement Général sur la Protection des Données (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 permettent, de manière incidente, une sobriété de la consommation des données. En particulier, celui-ci impose un principe de minimisation des données, au titre duquel seules les données strictement pertinentes et nécessaires à l’objectif poursuivi devraient être traitées.

– Opérateurs de plateformes et fournisseurs de services numériques

Diverses obligations liées à la réduction de l’empreinte environnementale du numérique pèsent désormais sur les opérateurs de plateformes.

  • La loi AGEC a notamment :

(i) étendu le principe de « responsabilité élargie du producteur » (REP) aux plateformes de vente en ligne, tenues depuis le 1er janvier 2022 de contribuer à la gestion des déchets qui proviennent de cette activité ;

(ii) imposé aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et aux opérateurs de communications électroniques, depuis le 1er janvier 2022, d’informer leurs abonnés de la quantité de données consommées dans le cadre de la fourniture d’accès au réseau ainsi que de l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre correspondant.

  • Au titre de la loi REEN, les opérateurs de communications électroniques réalisant un chiffre d’affaires supérieur à un certain seuil sont en outre soumis à une obligation de publication des indicateurs clefs sur leurs politiques de réduction de leur empreinte environnementale.

– Opérateurs de Data centers

La loi REEN s’est par ailleurs intéressée aux activités énergivores des centres de données, qui doivent désormais répondre à certaines obligations en matière de valorisation de la chaleur fatale et d’optimisation de l’utilisation de l’eau à des fins de refroidissement, en respectant des indicateurs chiffrés devant encore être fixés par décret.

A noter que ces opérateurs ont récemment été appelés à mettre en place des mesures de sobriété énergétique par le gouvernement français, dans son « Plan de sobriété énergétique » publié le 6 octobre dernier (e.g. : définition de critères de paramétrage des box internet et décodeurs TV pour une mise en veille en cas de non-utilisation ; limitation du recours à la climatisation dans les salles des centres de données…).

– Interdiction du « Greenwashing »

Deux décrets parus le 13 avril 2022 ont introduit en droit français un régime d’interdiction (décret n° 2022-539) et de sanction (décret n° 2022-538) de la pratique de l’écoblanchiment, en anglais « Greenwashing ».

Ainsi, à partir du 1er janvier 2023, toute allégation de neutralité carbone par une entreprise dans une campagne publicitaire devra être accompagnée de la publication d’un rapport de synthèse décrivant l’empreinte carbone du produit ou service en question et la démarche grâce à laquelle ces émissions de gaz à effet de serre sont prioritairement évitées, puis réduites, et enfin compensées.

 

3. Sobriété numérique : les bonnes pratiques

– Les méthodes d’évaluation de l’ADEME

L’ADEME décrit sur son site Internet 19 méthodes d’évaluation environnementale pouvant être utilisées par les entreprises soucieuses de réduire l’impact de leurs activités sur le réchauffement climatique, et met à disposition un « guide méthodologique » permettant de déterminer laquelle de ces méthodes est la mieux adaptée.

La normalisation internationale ISO (14040 à 14043) a fixé les bases méthodologiques et déontologiques de ce type d’évaluation, favorisant une harmonisation de la méthodologie employée.

Selon l’ADEME, l’outil le plus abouti en matière d’évaluation globale et multicritère des impacts de produits ou de services sur l’environnement est l’ « analyse du cycle de vie » (ACV).

Celle-ci repose sur une double approche, tenant compte d’une part du cycle de vie de chaque produit ou service visé et d’autre part de plusieurs critères d’analyse des flux entrants (matières et énergie) et sortants (déchets, émissions gazeuses, liquide rejeté, etc.) impliqués.

– Exemples de bonnes pratiques

La mise en œuvre d’une stratégie de sobriété numérique au sein d’une entreprise passe par diverses actions, notamment liées à :

  • la sensibilisation des collaborateurs aux bonnes pratiques d’usage de leur matériel informatique ;
  • la gouvernance (e.g. désigner une équipe dédiée et lui attribuer les ressources nécessaires) ;
  • la réduction de l’impact lié aux équipements informatiques et aux logiciels (e.g. limitation de leur renouvellement, promotion de la réparation, désinstaller les programmes superflus, éviter l’installation de mises à jour non nécessaires…).

Ces actions passent notamment par la contractualisation. Elles impliquent :

  • d’une part, la revue de la documentation interne (Charte informatique, notice informative à l’attention des salariés, politique RSE…) et ;
  • d’autre part, le choix des fournisseurs et la négociation des conditions contractuelles (intégration des bonnes pratiques d’écoconception et d’accessibilité dans les contrats relatifs à des prestations externes, négociation des durées de services de maintenance…).

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